Stress : croyances et préjugés

Article publié le 18 novembre 2019

La croyance sur les effets du stress tuerait plus que le stress lui-même.

 

Un jour, un homme supplia une voyante de lui révéler le jour où il mourrait. Celle-ci ne voulut pas lui répondre, mais il insista tellement pour le savoir qu’elle finit par céder. Le jour venu, l’homme était terrorisé, car il ne voulait pas mourir. Il décida donc de rester enfermé chez lui, dans son lit, pour ne prendre aucun risque. Il attendit sans bouger que la journée fatidique se termine… avant que minuit sonne, il mourut… de peur. C’est une croyance qui l’avait tué !

On peut déduire de cette histoire imaginaire que la mort de cet homme n’est pas due à une maladie ni à un accident, mais qu’elle a été provoquée par sa conviction profonde et inébranlable du bien-fondé de la prédiction de la voyance, ce qui a engendré ses peurs.

Comment se forment nos croyances ?

Elles sont l’aboutissement d’un processus cognitif qui commence par une étape primordiale dans notre vie : la catégorisation. C’est ainsi que nous pouvons nous constituer une base de connaissances qui va nous permettre d’interpréter plus facilement le monde qui nous entoure et d’adopter les comportements qui conviennent le mieux à chaque situation.

Nous créons des catégories dans lesquelles nous allons entreposer mentalement et inconsciemment tout ce qui présente les mêmes caractéristiques. C’est ce processus qui va nous amener naturellement aux stéréotypes et aux préjugés.

Les fausses croyances à propos du stress.

Le mot stress a quasiment toujours une connotation négative. Vous avez déjà entendu dire que le stress est mauvais pour la santé. Vous avez même été parfois l’objet de réflexions comme « Tu vas te tuer au travail avec tout ce stress » ou bien encore « Arrête de stresser, tu vas te rendre malade ». Le stress est toujours catégorisé comme un facteur nocif qui se trouve à l’origine de l’ensemble de nos maux. Or, nous en avons une perception erronée.

Le stress est en premier lieu un élément essentiel à la vie. Sans lui nous ne pourrions pas nous adapter à un monde en perpétuel changement. Il nous permet de réagir face à des situations de danger imminent en prenant rapidement les bonnes mesures. Cette réponse lorsqu’elle est bien adaptée, a pour effet de faire retomber la pression à laquelle nous avons été soumis et la période stressante ayant été de courte durée, elle sera sans effet sur notre santé.

Cela me rappelle ma première prise de parole en public. Il y avait environ 400 personnes, cela se déroulait au palais des congrès porte Maillot à Paris, dans le grand amphithéâtre.

Plutôt ambitieuse, j’étais fière et heureuse d’être celle choisie pour faire passer le message de la direction.

Plus l’échéance était proche et plus je ressentais de stress. Il faut dire que mon environnement y participait activement « t’as pas peur ? », « et si tu as un trou de mémoire tu fais quoi ? », « moi je ne pourrais pas, on va en profiter pour te juger ».

En toute sincérité le jour de mon intervention, je me suis arrêtée dans une pharmacie et après avoir expliqué ma situation et demandé un décontractant, la pharmacienne m’a proposé un traitement homéopathique alors que j’étais à 2 heures de ma présentation !

Je la remercie encore aujourd’hui. Car grâce à elle, je suis partie dans une crise de rire mémorable. Cette crise de rire m’a permis de faire baisser mon taux de cortisol, hormone du stress.

Aujourd’hui, avec mes connaissances, je sais que ressentir un stress m’avertit que je suis dans une situation de déséquilibre, qui concerne aussi bien mon psychique que mon physique. Il faut quatre heures pour faire baisser le cortisol dans le corps. Dans la mesure du possible, il faut anticiper et se préparer aux situations stressantes.  Avec le recul, voici les questions que J’aurais dû me poser :

 Pourquoi je stresse ?  J’ai peur de quoi ? du ridicule ? de l’échec ? d’être jugée ?

 Et si cela arrivait, est-ce que je survivrais ?  (Voir l’article ce n’était pas un tigre, alors pourquoi j’étais stressé).

 Bien entendu, depuis j’ai effectué un travail personnel sur les réponses à apporter à ces questions.

 Aujourd’hui encore, au tout début d’une prise de parole, je ressens un léger trac, réaction fondamentalement humaine, je vais m’exposer au regard des autres. Une fois lancé, au fur et à mesure des minutes, je me libère, le cortisol s’estompe et la dopamine, neurotransmetteur du plaisir s’installe. Alors je peux délivrer, en toute humilité et avec plaisir mon message. Car c’est bien ça le principal !

Redouter le stress est anxiogène.

La croyance que le stress est avant tout préjudiciable a un très fort impact sur notre santé psychique et physique. Si nous sommes persuadés que le stress peut raccourcir notre existence en étant une cause de mortalité, nous allons devenir anxieux chaque fois qu’une situation présente un risque potentiel d’être stressante, ce qui bien évidement revient à surajouter un stress réel à un futur stress supposé.

L’être humain ayant besoin de trouver une attribution externe aux événements négatifs auxquels il est confronté, les effets délétères du stress continuent, malgré tout, à être considérés comme à l’origine de l’ensemble de nos maux. Cette perception persistante nous pousse à redouter en permanence les situations stressantes, car nous sommes persuadés qu’elles vont avoir des effets négatifs sur notre santé. Cette attitude entraîne toujours une perte importante de notre performance.

Nous oublions souvent que l’anxiété est un phénomène stressant en lui-même et qu’en réagissant ainsi nous risquons de nous retrouver les victimes de nos propres peurs et privés d’une partie de nos capacités de réactivité.

Le stress n’est pas une maladie, c’est une énergie vitale. Il n’est pas en lui-même une cause de mortalité. Ce sont les réponses mal adaptées aux situations rencontrées qui, risquant de transformer un stress aigu en un stress chronique, peut à long terme entamer notre santé.

On ne peut pas fuir le stress, on ne peut pas l’anticiper, mais on peut apprendre à mieux maitriser les situations qui le font naître et surtout toujours privilégier l’action à l’émotion. Vouloir le combatte, c’est se tromper d’ennemi. Ce n’est pas un tueur tapi dans l’ombre, ce sont nos préjugés que nous devons réviser.

Que disent les études sur le stress ?

Pendant de longues années, nous avons sans cesse entendu dire que le stress est à l’origine de presque toutes les pathologies. Il est vrai en effet, que des périodes trop répétitives de stress, sur le long terme, avec des réponses non appropriées, car essentiellement émotionnelles, peuvent entrainer des baisses de performances, des dérèglements du rythme cardiaque, du diabète ou de l’obésité par exemple. Mais ce n’est pas le cas pour toutes les pathologies.

Il en est ainsi pour le cancer. Il est reconnu par des spécialistes (confère article sur le site de la ligue contre le cancer « Stress et cancer : la fin d’un mythe ») que cette maladie a des origines multifactorielles. Aujourd’hui aucun résultat d’étude n’a permis d’établir d’une façon formelle, un réel lien de causalité entre des épisodes de stress, même répétés, et l’apparition ou l’aggravation d’un cancer.

 

En conclusion, Notre perception du stress engendre souvent plus de dégâts sur notre santé que les situations stressantes elles-mêmes. En complément de ce billet, Je vous invite vivement à visionner sur YouTube la vidéo de la psychologue Kelly McGonigal.

 

Avec passion

Sabine MASSON

 

Dans le prochain billet j’expliquerai en quoi la cohérence cardiaque m’a aidé dans la gestion de mon stress. Alors pour ne pas le louper, n’oublies pas de t’abonner à la newsletter



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