Neurosciences : les réactions neuronales de l’attachement mère-enfant prouvées par IRM

Article publié le 18 novembre 2019

Cette IRM de la neuroscientifique Rebecca SAXE avec son enfant, montre les réactions neuronales déclenchées lors d’un câlin entre une mère et son enfant.

On y voit la réaction chimique dans les deux cerveaux de l’ocytocine l’hormone de l’amour.

 

L’impact neuronal de l’attachement est une explication, du pourquoi devenu adulte, il est difficile d’être pleinement soi-même.

L’attachement est un comportement et un système de motivation qui promeut une sécurité, une protection et un réconfort. Toute notre vie nous sommes dans cette recherche. Cette recherche est la raison pour laquelle nous nous attachons émotionnellement à un ou plusieurs individus : parents, famille, amis, partenaire, leader, etc…

 

Être soi-même dans un besoin d’attachement

Notre difficulté à être nous-mêmes dans nos rapports avec les autres est essentiellement corrélée à la peur du rejet de l’autre. Cette peur archaïque, qui est celle du nouveau-né entièrement dépendant de ceux qui l’entourent, sera plus ou moins bien maîtrisée selon le lien qui va se construire lors des premières interactions. Par la suite, c’est l’éducation que l’enfant recevra qui viendra renforcer sa manière d’être dans ses relations interpersonnelles.

 

Les premiers liens

Le Soi émotionnel commence à se construire au travers des interactions précoces du nourrisson avec la personne qui prend soin de lui. On parle généralement de la mère dans la construction du premier lien, mais les interactions précoces peuvent se produire avec tout individu qui répond aux besoins fondamentaux du nouveau-né, d’une manière significative et continue. La qualité du lien qui se met alors en place aura des conséquences sur ses relations futures.

 

Une figure d’attachement sécure offre à l’enfant la possibilité de faire confiance au premier autre qu’il rencontre. Il va ensuite élargir le cercle des personnes sur qui il peut compter et c’est ainsi que, petit à petit, il prend confiance en lui.

Un lien qui sécurise, c’est un lien qui donne confiance, ce qui permet de gagner rapidement en autonomie. L’enfant se voit et voit l’autre d’une manière positive. Il peut alors s’engager dans le processus d’individuation. Il prend peu à peu ses distances, il acquiert de nouvelles compétences, ce qui élève son niveau d’estime de soi. Alors son attitude vis-à-vis des autres n’est pas entachée par la peur du rejet. Il donne de l’amour et il en reçoit en récompense. Il se sent aimé pour ce qu’il est. Il n’est pas contraint de poser un filtre entre lui et les autres pour se protéger. Il peut oser être lui-même sans craindre le rejet.

 

À côté de ce lien sécure, il en existe deux autres qui sont lacunaires : l’évitement et l’ambivalent

Dans l’attachement insécure évitant, la mère est distante, peu soucieuse de satisfaire les besoins de son enfant, et réticente aux contacts physiques. Elle entretient un rapport d’évitement permanent. L’enfant ne peut donc pas se développer harmonieusement. Il donne de la tendresse, mais il n’en reçoit pas. Il ne réussit pas à capter l’attention de sa mère et ses efforts ne recueillent aucune récompense. Les séparations engendrent une détresse émotionnelle qu’il tente de compenser en se détachant de sa mère et en se raccrochant de préférence aux éléments physiques qui l’entourent. C’est le cas typique de l’enfant qui pleure au départ de sa mère et qui l’ignore à son retour. Ce lien insécure évitant ne met pas en péril la confiance en soi, mais il fait naître la défiance envers les autres. À l’âge adulte, il continue à percevoir la présence d’autrui comme une menace et repousse le rapprochement physique et intime de crainte de voir ressurgir la peur archaïque du rejet. Il est à son tour dans l’évitement. Il aborde son entourage en affichant un masque d’indifférence qui ne laisse pas apparaître ce qu’il ressent. Ses comportements et ses dires sont d’abord passés dans un filtre qui les purge de toute émotion. Plus une personne est importante pour lui, plus il craint d’être abandonné. Ne pas être soi-même est devenu une stratégie de survie.

 

Par ailleurs dans le cas de l’attachement insécure ambivalent, on se trouve en présence d’une mère aux attitudes variées et souvent incohérentes. Elle adopte parfois un comportement adapté aux besoins de son enfant qui peut être suivi d’un détachement total. Ce type de lien, le plus délétère, provoque chez l’adulte une incapacité à supporter la séparation. Il vit en permanence dans la peur de subir un abandon. Être soi est alors dangereux puisqu’il risque de déplaire à l’autre qu’il idéalise. Ce type de lien renforce une estime de soi entièrement dépendante de celle que l’autre lui porte, avec le risque qui pourra engendrer un attachement émotionnel pervers et malsain.

Comment oser être soi-même en jetant le masque ?

Être soi-même dans ses rapports avec les autres, c’est déjà se défaire de toutes les contraintes qui ont émaillé notre existence et qui nous empêchent d’être tout simplement nous-mêmes. C’est prendre conscience de son état naturel, ce Soi qui est enfoui au plus profond de nous. C’est en parvenant à cette conscience totale de ce que nous sommes vraiment que l’on peut commencer un véritable travail de réappropriation de sa vraie personnalité. Un cheminement vers la conscience totale permettra ensuite d’oser exprimer ses sentiments sans aucun filtre. C’est retrouver la liberté de s’exprimer en étant soi-même, sans faire immédiatement ressurgir la peur de déplaire et d’être rejeté.

 

Adulte, le non-attachement n’est pas une indifférence mais une qualité adaptative.

Après avoir pris connaissance de notre système d’attachement, d’être conscient de son état naturel, de sa personnalité et de son fonctionnement cognitif et comportemental, pratiquer le non-attachement c’est acquérir une qualité supplémentaire.

 

Pratiquer le non-attachement lorsque l’attachement présent n’est pas bénéfique est une qualité et non pas de l’indifférence.

Le non-attachement amène l’état d’esprit adaptatif et objectif qui permet d’agir d’une manière positive sur notre système nerveux de la récompense. Celui même qui est en lien avec les neurones dopaminergiques (envie, désir, plaisir, dépendance…) et qui nous fait avoir des comportements et des pensées basés sur un besoin de reconnaissance afin de retrouver le sentiment d’amour et de sécurité expliqué au début de l’article.

Ainsi mieux connaitre comment fonctionne le système de récompense du cerveau permet de mieux se comprendre.

Le système de récompense est un sujet tellement important que je lui dédirai prochainement un article spécifique.

Nos premières expériences de vie sont déterminantes et ont un impact sur notre avenir. En quittant l’enfance apparaît notre ego, avec qui il nous faudra faire et qui nous empêchera lui aussi d’être totalement nous-mêmes.

Je ne peux pas terminer cet article sans (je dirais et j’assume) qu’il soit conseillé (même si ce que je vais écrire n’est pas ce que l’on lit en ce moment) d’être totalement soi en société. Socialement avoir un comportement adapté s’impose et est un signe d’intelligence. Dit de cette manière cela passe mieux et donc nous avons bien moins la sensation désagréable de se trahir, de porter des masques et de mettre des filtres. D’ailleurs, c’est bien ce que nous faisons la majorité du temps, même si cela nous chatouille certaines fois d’oser davantage être soi. Je vous laisse le choix de juger…

Entre émotions et maîtrise de soi

Une fois adulte, la solution d’autorégulation sera dans un équilibre à adopter dans nos vies privée et professionnelle par le non-attachement adaptatif et une influence sur notre système de récompense. Toute en conscience, par un raisonnement éclairé pour un résultat efficace.

En espérant vous avoir convaincu d’acquérir cette qualité adaptative qu’est le non-attachement : un des piliers de la maîtrise de soi et de l’efficacité de l’individu.

Seul un état d’esprit spécifique vous permettra de réaliser ces changements, un accompagnement sous forme de coaching peut être la solution pour atteindre cet objectif.

Alors n’hésitez pas à me contacter pour vous accompagner dans votre démarche de développement et de performance.

Avec passion

Sabine MASSON



2 réponses à “Neurosciences : les réactions neuronales de l’attachement mère-enfant prouvées par IRM”

  1. Françoise dit :

    Très instructif. Une analyse profonde de ce que je suis maintenant, ce je je vis dans mes rapports avec l’autre, l’être aimé en particulier, ce que j’accepte et ce que je redoute… Je peux, je veux ou je ne veux ou plus, je ne peux pas ou plus? toutes ces questions parasitent notre relation avec l’autre Quand on en a conscience, ne doit on pas chercher à dominer tout cela? et vivre plus sereinement?

    • sabinemasson dit :

      Bonjour Françoise, merci pour votre commentaire et pour répondre à votre question plutôt que de chercher à dominer, le fait de savoir nous donne du pouvoir. Mais uniquement sur nous-mêmes. Il faut être attentif à notre système de fonctionnement et aussi jeter par l’observation un œil sur celui des autres ceci pour ne pas tomber dans des situations « d’attachement » néfastes. Le non-attachement nous permet, lorsque c’est nécessaire, de sortir des émotions et des sentiments. Pour notre bien être. j’espère avoir répondu à vos questions. Avec Passion Sabine

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