Managez avec des chapeaux

Article publié le 18 novembre 2019 - Tags: ,


Longtemps, on a cru qu’il y avait une vérité, et que le chef était celui qui avait plus raison que les autres. Normal, puisque c’était le chef. Appliqué au monde de l’entreprise, cela a donné un management tout en verticalité : il fallait hiérarchiser les personnes et leur jugement, condition nécessaire pour parvenir à l’efficacité et à la rentabilité escomptées. Du moins le pensait-on, jusqu’à ce qu’on ne découvre l’intérêt d’autres voies, d’autres chemins, d’autres formes de pensée.

U2, think creative

Edward de Bono (à ne pas confondre avec un célèbre chanteur) est un savant maltais, à la fois médecin, psychologue et spécialiste des sciences cognitives. Un jour, les historiens de la pensée diront où le situer : mais le fait est qu’il incarne une sorte de rupture.

Selon sa métaphore informatique, notre cerveau fonctionne avec le même logiciel depuis 2400 ans. Programmé par Socrate, Platon et Aristote, ce software est resté la référence avec son mode dialectique, très performant pour structurer une pensée analytique et des débats contradictoires.

Si la puissance du raisonnement est indéniable, il semble cependant passer à côté d’une autre manière de penser, dite latérale ou créative : celle qui fait la part belle aux « possibilités » alternatives, voire incongrues, ainsi qu’aux chemins de traverse, sans lesquels de nombreuses découvertes n’auraient jamais été faites.

Créativité bien ordonnée commence par soi-même

De Bono n’est donc pas l’inventeur de cette pensée davantage intuitive. Mais il l’a théorisée pour en faire un concept fécond, propre à favoriser des processus de collaboration, plus propices à l’épanouissement personnel, à l’adhésion de tous au projet, et au final à l’efficacité et à la rentabilité des entreprises.

Car la pensée créative selon Bono ne veut pas dire créativité désordonnée, ou recherche de l’originalité pour elle-même. Selon Bono, la pensée créative doit produire de la valeur, sinon ce n’est qu’une manière de se distinguer, ce qui en soi n’a qu’un intérêt limité.

Autrement dit, la pensée créative doit elle-même s’organiser, pour éviter de s’en tenir à un brainstorming fumeux. Et pour ce faire, Bono a proposé en 1985 la célèbre méthode dite des 6 chapeaux.

La preuve par 6 chapeaux

Selon cette méthode, l’idée est d’examiner un projet ou un problème selon 6 points de vue. Chacun joue un rôle, et se « couvre » en quelque sorte derrière son chapeau. Mais ainsi protégé derrière ce personnage, chacun peut aussi se sentir plus libre d’exprimer certains points de vue, qu’il s’agisse :

De l’observation factuelle du chapeau blanc, qui s’en tient à un énoncé neutre des faits en présence ;

Du ressenti du chapeau rouge, qui laisse exprimer ses émotions, ses intuitions, sans aucune autocensure ;

Des calculs du chapeau noir, sorte d’avocat du diable, qui pèse scrupuleusement les pours et les contres ;

Des espoirs et des rêves du chapeau jaune, optimiste invétéré qui regarde l’avenir avec foi ;

De la créativité déjantée du chapeau vert, qui n’hésite pas à explorer les solutions les plus farfelues ;

Collaboration adhésion

De la vision ordonnée du chapeau bleu, qui mène les discussions, canalise les énergies et favorise la bonne collaboration de tous, de sorte à permettre l’adhésion de tous aux idées retenues et aux moyens à mettre en œuvre.

Ton chapeau tu ne mangeras plus

On sort donc ici du système gagnant-perdant où quelqu’un doit avoir raison contre un autre, qui doit alors manger son chapeau. Place à l’épanouissement personnel, dans un monde où tout le monde gagne.

Car le but, selon De Bono, lorsqu’on veut avoir une belle pensée ou développer son entreprise, n’est plus la vérité mais l’EBNE : le Exceptional but not Enough. Un mot à ajouter d’urgence au lexique du bon management.

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Avec passion

Sabine MASSON



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