Les différences entre burn-out, bore-out et brown-out

Article publié le 18 novembre 2019

Les maladies associées au travail se multiplient et de plus en plus de travailleurs y sont confrontés, se sentant démunis face à une grande détresse et souffrance psychologique. Bien qu’elles ne soient pas encore reconnues comme maladies professionnelles, on retrouve parmi elles le burn-out (concept d’épuisement professionnel très médiatisé) et ses déclinaisons : le bore-out et le Brown-out. Voyons quelles sont les différences entre ces trois formes de mal-être au travail afin de les reconnaître et de mieux les gérer…

Le burn-out

Le burn-out, appelé aussi syndrome d’épuisement professionnel, est caractérisé par un état de fatigue ou d’épuisement général, aussi bien physique, qu’émotionnel et psychique, résultant d’une surcharge de travail.
Il provient ainsi d’un gros déséquilibre entre la pression supportée par la charge de travail et les ressources individuelles du salarié (réelles et perçues).
Le salarié n’a donc plus aucune énergie et ne parvient pas à récupérer, ni à faire la déconnexion de son travail dans sa vie personnelle (même sur des périodes courtes, notamment le soir ou le week-end).
Cet épuisement, qui peut mener à une véritable exclusion du salarié de toute vie sociale, est souvent nié en entreprise car il symbolise l’échec personnel. Il est alors bien souvent accompagné d’anxiétés, d’insomnies, de pertes de mémoire, de maux de dos ou de problèmes de peau, de démotivation et d’irritabilité.
En tant que chef d’entreprise, prenez alors vos responsabilités si vous avez connaissance que l’un de vos collaborateurs est en burn-out et convoquez-le pour le sensibiliser à l’importance du maintien de l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Demandez-lui aussi de consulter un spécialiste de la souffrance au travail (ou un médecin du travail) et bien sûr, réfléchissez ensemble à sa charge de travail et à l’exigence personnelle qu’elle demande.

Le bore-out

Inventé en 2007 par Philippe Rothlin et Peter Werder, le bore-out désigne le contraire du burn-out, c’est à dire un état d’ennui élevé au travail, à tel point qu’il conduit à la fatigue et à l’épuisement général, et même parfois à la dépression.
Le salarié se sent vraiment inutile à cause du manque de travail et les symptômes physiques qu’il ressent sont identiques à ceux du burn-out et similaires à ceux d’une dépression nerveuse. La situation crée une gêne et même de la honte.
Mais le travailleur mis au placard n’est pas le seul qui peut être concerné par ce phénomène. Une personne qui se sent sous-employée dans ses compétences et au niveau intellectuel aura l’impression de ne pas être au bon endroit et la personne qu’il faut, et va fortement souffrir de la non adéquation entre ce qu’elle fait, ce qu’elle aime faire et ce qu’elle sait faire.
En tant que chef d’entreprise, si vous avez connaissance que l’un de vos collaborateurs est en bore-out, prenez vos responsabilités et convoquez-le pour réfléchir aux manières dont son poste pourrait être réaménagé, sans oublier de l’orienter vers un médecin du travail (ou un spécialiste de la souffrance au travail).

Le brown-out

Conceptualisé par Mats Alvesson et André Spicer, le brown-out est une diminution du régime d’un salarié lié à la recherche du sens de son travail. Plus précisément, il s’agit d’une fatigue et d’un épuisement général dû à la finalité de son travail par rapport à la culture d’entreprise et à soi. C’est un mal-être issu de l’idiotie de certaines tâches journalières et d’un travail en opposition avec son éthique personnelle (comme un écologiste qui occuperait un poste dans une centrale nucléaire par exemple).
Il peut être dû aussi au fait de ne pas comprendre son travail et d’effectuer des tâches sans aucun sens, en contradiction avec ses compétences.
David Graebern dont les études ont servi de base aux deux chercheurs précédents, a ainsi émis la théorie que le développement des technologies ferait inventer des métiers totalement inutiles, surtout dans la finance, les ressources humaines ou le conseil. Et que ce sont des métiers dont on ne voit pas la finalité et qui font donc perdre la motivation des employés.

Si jamais vous vous reconnaissez dans l’une de ces descriptions et que vous n’osez pas en parler à votre supérieur hiérarchique, sachez que vous ne pourrez pas lutter seul et qu’il est insupportable de subir une exclusion. Le mieux est d’en parler à votre médecin qui vous aidera à bien vous soigner et d’être bien entouré pour mettre fin et solutionner au plus vite cette période éprouvante.
Et n’oubliez pas que la loi précise que face au burn-out, le droit à la déconnexion, entré en vigueur le 1er janvier 2017, oblige le respect des temps de congés et de repos, et l’équilibre entre vie personnelle familiale et vie professionnelle. En cas de bore-out, elle oblige l’employeur à respecter les missions et les qualifications indiquées dans le contrat de travail de l’employé. Et pour éviter le Brown-out, préférez un recrutement totalement transparent mais sachez que tout salarié possède un droit à la formation.

Ce qui me tiens à cœur est de faire prendre conscience qu’aujourd’hui nous disposons d’informations sur le sujet. Il nous appartient d’être attentif à notre bien-être et à notre santé.

Certaines situations nécessitent un changement et l’accompagnement d’un professionnel. Ne restez pas seul et n’attendez pas qu’il soit trop tard pour agir.

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Avec passion

Sabine MASSON



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