De fortes émotions aux grands sentiments

Article publié le 18 novembre 2019

Émotions et sentiments, comment faire la différence.

Il est fréquent de confondre le terme « émotion » et celui de « sentiment ». Pourtant vous reconnaitrez volontiers qu’il y a une grande différence entre une personne émotive et une personne sentimentale.

L’exemple le plus parlant que nous pourrions donner est celui de l’amour. La vue de l’être aimé va déclencher une émotion comme la joie qui va entraîner des réactions corporelles comme les mains moites ou le cœur qui bat plus vite. Puis ces émotions vont petit à petit se transformer en un attachement sentimental.

Émotions et sentiments ont été longtemps considérés comme difficiles à étudier en raison de leur côté subjectif. Il n’y a pas si longtemps que les neurosciences se sont penchées sur notre cerveau émotionnel et ce n’est qu’en 1994 que Antonio Damasio, professeur de neurologie, neurosciences et psychologie, met en évidence le rôle des émotions dans la prise de décision. C’est en suivant la vie d’Elliot, un patient ayant subi une opération au cerveau, qu’il s’aperçoit que si ce dernier a conservé intactes ses fonctions cognitives, il ne ressent plus aucune émotion et cette perte de l’émotionnel le rend incapable de gérer quoi que ce soit !

 

Que sont les émotions ?

Si les émotions n’ont pas fait l’objet de recherches approfondies pendant des années, elles ont par contre été parfaitement répertoriées. Nous avons ainsi tous ressenti de la joie, de la tristesse ou de la peur. Nous avons été en colère ou surpris. Enfin, nous avons peut-être été confrontés à la honte ou au dégoût.

Dans le cadre de nos activités cérébrales, c’est l’ensemble de ces émotions qui permettent à l’homme de s’adapter à son environnement et aux événements qui émaillent sa vie. Toutes nos actions, même les plus petites, nécessitent le traitement de nombreuses informations par notre cerveau. La plupart de ces données sont analysées sans que nous en ayons conscience.

Ainsi lorsque nous conduisons un véhicule, nous sommes dans un état permanent de vigilance.

Si une personne surgit au milieu de la route, nous freinons sans avoir la moindre conscience du processus qui nous a conduits à cette saine réaction. Le stress que nous avons ressenti, c’est-à-dire l’activation d’une forte émotion, a permis à notre corps de produire de l’adrénaline, d’augmenter notre rythme cardiaque et celui de notre respiration. Toutes ces réactions ont été essentielles pour que notre corps accomplisse le geste approprié à la situation d’urgence. Dans le cas présent, c’est la peur qui a abouti à ce que notre pied freine pour immobiliser notre voiture, en élevant brusquement le potentiel d’activité de notre corps.

Contrairement à ce que l’on a coutume d’entendre ou de lire, les émotions ne sont pas l’ennemi de nos capacités réactionnelles. Bien au contraire, c’est leur absence qui nous conduirait à une certaine apathie, donc à une impossibilité d’adaptation au monde qui nous entoure. C’est exactement ce qui était arrivé à Elliott. La perte complète de la gamme des émotions était devenue un handicap dans sa vie matérielle quotidienne, le privant de toute réaction.

 

Que sont les sentiments ?

Ce qui différencie les sentiments des émotions, c’est qu’ils sont accompagnés de la conscience de leur existence. C’est pourquoi ils nécessitent un travail neuronal beaucoup plus intense et plus long que celui déclenché par une émotion. Les éléments pris en compte sont nombreux et font entrer en ligne de compte notre système de représentation pour que les sentiments puissent devenir intelligibles.

Si l’on dit souvent : « J’ai l’impression de… » à la place de « J’ai le sentiment de…, c’est qu’ils sont toujours accompagnés d’une sensation physique, ils laissent une empreinte corporelle qui peut être éphémère, mais qui peut aussi se prolonger dans le temps, créant alors de véritables traumatismes. C’est ainsi que naissent des sentiments de frustration, de rancune ou d’hostilité.

 

Des émotions aux sentiments

De ce qui précède, nous pouvons déduire que très souvent le sentiment est la transformation d’une émotion par le passage à la conscience. Ainsi si nous reprenons l’exemple du conducteur qui a réussi à éviter un piéton, on peut schématiser en disant que la violente émotion de peur ressentie au moment où il se rend compte de la possibilité d’un accident entraîne immédiatement l’action de freiner. Cette émotion n’aura duré que très peu de temps. Elle peut ensuite disparaître sans laisser de trace lorsque le conducteur reprend le cours normal de son trajet.

Cependant, si le conducteur roulait à une vitesse excessive, il peut se rendre compte de l’importance et des conséquences de son mauvais comportement. Par la suite, il risque de ressentir un sentiment de culpabilité. En prenant conscience de ce qui aurait pu arriver, s’il n’avait pas freiné à temps, il peut réaliser qu’il a commis une faute et ressentir de la honte. À partir de là et suivant la personnalité de chacun, cette nouvelle émotion prendra plus ou moins d’importance. Elle peut se transformer en une rumination qui risque d’entraîner la perte de la confiance en soi et de faire naitre un sentiment d’angoisse à l’idée de conduire.

 

Pourquoi nous faut-il toujours écouter nos émotions ?

Les émotions sont indispensables à la validité de nos raisonnements parce qu’elles sont de vrais messagers, et c’est la raison pour laquelle il est important d’en tenir compte mais également de les analyser.

Les émotions c’est la vie, avec ses joies et ses peines qui nous parle. Elles se manifestent tant par des réactions physiologiques que psychologiques. Elles provoquent des larmes, des rires, l’accélération du cœur…Elles sont tellement puissantes qu’elles nous font nous dépasser ou nous paralyser.

Aussi primaires qu’elles le soient, les émotions sont des amies, même lorsqu’on les ressent désagréables. Ne pas les exprimer, les nier ou les refouler est une grave erreur pouvant aller jusqu’à la maladie.

Pace qu’une émotion qui ne s’exprime pas, s’imprimera dans le corps et que ce qui s’imprime dans le corps, finira toujours par s’exprimer d’une façon ou d’une autre, voire par la maladie !

 

De quelle façon nos émotions peuvent-elles être un moteur d’efficacité ?

L’émotion est un trouble ou une affection passagère causés par une réponse biologique à certaines situations. C’est un processus de l’extérieur (situation) vers l’intérieur (en nous) vers l’extérieur (réaction physique, transpiration, respiration, évanouissement, colère, joie). Par l’envoi de message, elles nous guident pour reconnaître si nos besoins ont été satisfaits ou insatisfaits.

En étant attentif aussi bien à nos émotions qu’à celles d’autrui, nous agissons sur nos relations et nos comportements afin de les adapter en vue de ce que l’on recherche.

C’est pourquoi qu’il est important d’identifier les états émotionnels et pouvoir les gérer. Parce que cela augmente la maitrise de soi, l’estime de soi et in fine ses performances.

Vous avez bien lu ‘’ses performances’’ !

En effet, savoir c’est pouvoir !

C’est pourquoi connaitre son système émotionnel est un levier sur lequel s’appuyer pour aller vers des résultats plus performants.

Avec passion

Sabine MASSON



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